À l’occasion de la Semaine du commerce équitable, on entend beaucoup parler de rémunération juste, de conditions de travail et de filières plus respectueuses des producteurs. Des enjeux essentiels. Mais lorsqu’on parle de consommation responsable, une autre question se pose : et après l’achat ?
Un produit peut être équitable, mais vendu dans un emballage jetable. Il peut être sans emballage, mais venir de l’autre bout du monde. Il peut être local, mais ne pas répondre aux mêmes critères sociaux ou environnementaux.
Alors, faut-il choisir entre ces différents engagements écoresponsables ? Pas forcément.
Cumuler commerce équitable et vrac : le combo gagnant
Le café ou le thé sont de parfaits exemples. Choisir une référence issue du commerce équitable permet de garantir une juste rémunération aux producteurs du Sud, tandis que l’achat en vrac (ou zéro déchet) permet de supprimer les emballages superflus.
Ce sont deux leviers complémentaires qui répondent à des problématiques différentes : l'éthique sociale d'un côté, la réduction des déchets de l'autre.
Exemples du quotidien : Les épices (cannelle, vanille), les fruits secs (amandes, raisins) ou le café en vrac certifié Fairtrade ou WFTO dans les épiceries spécialisées.
Fairtrade : garantit que les produits respectent des normes strictes de commerce équitable, protégeant ainsi les agriculteurs et les travailleurs par un prix minimum et une prime de développement
WFTO : garantit qu'une entreprise entière applique les règles du commerce équitable dans toutes ses activités, de sa gestion à sa chaîne d'approvisionnement
Allier éthique et réemploi
La démarche reste la même pour l'ensemble de vos achats. Vous pouvez allier justice sociale et zéro déchet en privilégiant des produits à la fois équitables et consignés.
Dans l'alimentation, cela se traduit par exemple par un Kombutcha ou un soda Fairtrade en bouteille en verre consignée, un yaourt dans un pot en verre à rapporter, un lait Prix Juste Producteur ou du chocolat issu du commerce équitable vendu en vrac.
Pour les cosmétiques ou les produits d'entretien écologiques, l'enjeu se déplace également vers le contenant. Un produit peut être issu d'une filière responsable tout en étant proposé dans un flacon consigné, rechargeable ou réemployable.
L’idée n’est pas d’atteindre la perfection immédiatement, mais d’intégrer progressivement le réemploi et l'équitable dans notre quotidien.
Équitable ou local : faut-il choisir ?
C'est sans doute là que la réflexion écoresponsable devient la plus subtile.
Pour certains produits indispensables de notre quotidien, l'équitable est incontournable car ils ne peuvent tout simplement pas être produits localement sous nos latitudes : cacao, café, bananes, thé ou certaines épices.
Pour d'autres produits en revanche, une alternative locale existe (par exemple, les fruits de saison de chez nous par rapport aux fruits exotiques importés).
L'idée n'est pas d'opposer le « local » et « l'équitable », mais de comprendre qu'ils répondent à des besoins géographiques et sociaux différents. Et même dans les produits exotiques, il existe des saisons. Ce n’est pas parce qu’on les trouve en continu dans nos étals qu’ils ne dépendent pas d’une saisonnalité (ex. Avocats, ananas, mangues, ...)
Consommer responsable, ce n'est pas cocher une seule case
Équitable, local, bio, vrac, réemploi, saisonnalité, prix juste, emballage… Tous ces critères s'entremêlent.
L'enjeu est de comprendre ce que l’on achète pour chercher, selon nos priorités et nos budgets, des solutions qui permettent d'agir sur plusieurs fronts à la fois.
Parce qu'un produit vraiment responsable ne se résume pas à une seule étiquette, un seul label. Et parce que les différents combats de la consommation durable ont tout intérêt à avancer ensemble.